Fermeture du Lycée Zinda Kaboré pour l’année scolaire 2021-2022 : le personnel réagit à travers une conférence de presse

Le personnel enseignant du lycée Philippe Zinda Kaboré a organisé ce jeudi 2 septembre au sein de la bourse du travail, une conférence de presse pour condamner la fermeture de l’établissement et inviter le gouvernement à revenir sur sa décision.
À quelques jours de la rentrée scolaire, la décision de la fermeture du lycée Philippe Zinda Kaboré n’affecte pas que les élèves, mais aussi les enseignants. « Ils disent non à la fermeture et exhortent le gouvernement à reconsidérer sa décision». Cette décision du gouvernement est intervenue suite aux événements du 17 mai passé ayant conduit aux saccages des locaux de l’administration et de la voiture du proviseur. S’en était suivie la fermeture provisoire de l’établissement avant celle effective décidée en conseil des ministres assortie d’un processus de démantèlement entamé le 27 août dernier.


Accusés d’avoir été de connivence avec les élèves pour les faits passés, les enseignants qui ne s’étaient pas jusque là prononcé, se défendent en éclairant les zones d’ombres. De l’avis de ces enseignants, la réduction de la distance parcourue par les élèves, le saccage des tables-bancs et la non fonctionnalité du Lycée ne sauraient être des raisons valables de fermeture.
«Une question d’intérêt nationale»
En effet, plus de 4 000 élèves sont inscrits dans ce lycée, ce qui sans doute demande une grosse réorganisation en cas de fermeture, sachant que la rentrée scolaire est prévue dans deux semaines.
D’après leur déclaration, il est inconcevable qu’un établissement d’une si grande envergure puisse connaître une quelconque fermeture au regard de la portée historique. «De grands hommes ont été formés dans cet établissement», soutiennent-ils.
Outre ce sujet, les enseignants ont aussi rappelé le contexte dans lequel intervient cette fermeture. Il s’agit notamment de la difficulté pour le gouvernement d’appliquer le protocole d’accord qu’il a préalablement signé avec les syndicats d’enseignants ; de la remise en cause de la gratuité de l’éducation, des bourses scolaires  et la non fonctionnalité des cantines scolaires.
A la question d’un journaliste de savoir pourquoi organiser tardivement la conférence, ils disent n’avoir pas imaginé un seul instant la fermeture de cet établissement et la conférence du jour a été initiée suite à la décision récente portant fermeture du lycée. Ils ont alors déploré la situation et invité le gouvernement à revenir sur sa décision.

Didier Somda