À la redécouverte de Norbert Bangré dit « Américain » : Expert en cirage et cuir

Petit cireur du quartier à l’époque, aujourd’hui premier entrepreneur cireur reconnu officiellement au Burkina Faso et dans toute l’Afrique de l’ouest francophone, Norbert Bangré dit « Américain », est un expert dans le domaine du cuir. Il a réussi à sortir des sentiers battus en ayant à son actif une entreprise de cirage moderne et divers dénommée (ECIMOD). En effet, c’est une société qui excelle dans le domaine de l’entretien et du cirage du cuir. Epris de d’idée, il nous fait part, entre les lignes ci-après, de son éminant parcours et ses perspectives tout lui soutirant quelques conseils pour les personnes aspirant à ce métier en particulier et de la jeunesse en général.

L’inspiration qui côtoie l’aspiration, relate Norbert Bangré dit « l’Américain ». Ce pseudonyme selon lui dérive de sa compréhension la vision des États-Unis d’Amérique. A l’école dit-il « quand on a dit que Christophe Colombe a découvert l’Amérique en 1492 et en moins de 6 siècles ils ont impacté le monde. Cela m’a fait comprendre que c’est à travers le travail qu’ils y sont parvenus » ainsi, il indique que seul le travail peut changer la vie de l’homme. Issu d’une famille précaire et orpheline de père depuis ses 7 ans, Américain décide alors de travailler pour changer « ma vie » au lieu de se vouer à la facilité en mendiant. Dès lors, il a toujours eu pour maître mot « la persévérance ». Il décide donc de toucher qu’il trouve comme opportunité, ce qui lui a conduit à vendre des gâteaux pour payer sa scolarité, à être cireur de chaussures et vendeur d’eau. Niveau CEP, son surnom Américain se justifie aussi, par le fait de sa détermination dans l’atteinte de ses objectifs quel que soit le prix à payer.

À l’époque, le cirage était considéré comme un métier dérisoire, conséquences, les gens n’y accordaient pas d’importance. Dans les années 1996, c’était le métier de cirage était fait par des Ghanéens. Ils étaient appelés les « mastas ». Les gens ne donnaient pas d’importance à ce métier. C’est en 2007 que j’ai mis en place mon entreprise officiellement.

Portes chequiers

De zéro à héro

« Lorsque je me suis rendu compte que le secteur de cirage était vierge.  Et aussi la non disponibilité de structures qui disposent des produits d’entretien des salons en cuir que j’ai commencé à chercher des partenaires. J’ai suivi des formations en Europe dans ce cadre. L’entreprise de cirage moderne et divers ECIMOD Sarl est la toute première entreprise officiellement reconnue dans le domaine du cirage au Burkina Faso ». A relaté l’Américain dans un ton d’assurance et de fierté.

Ses principaux services sont entre autres l’entretien, la reparration des rayures, le tannage, le vernissage et le cirage de tous les produits en cuir.

Avec un carnet d’adresse bien fournie, Norbert Bangré dispose d’une vaste clientèle notamment les membres du gouvernement, les directeurs de banque, les sociétés d’État, des organisations internationales, les détenteurs de véhicules luxueux, et bien d’autres.

Comme exploit, l’Américain dit avoir entretenu des chaussures, des salons, des véhicules à la Présidence du Faso et de certains ambassadeurs. Également pour le compte du représentant du FMI à la maison comme au bureau.

Un métier qui nourrit amplement son homme

Parce que le métier de cirage est un métier noble, l’Américain fait savoir que ce métier lui a ouvert beaucoup de portes. Des chaussures des personnalités au meubles des grandes structures, il dit ne pas s’imaginé les approcher mais par ce métier. L’autre avantage est qu’il côtoie de hautes personnalités grâce à ce métier. En conclusion il affirme que « c’est un métier qui nourrit son homme. Il suffit d’aimer ce qu’on fait ».

Outres ces exploit, Norbert Bangré dit l’Américain, a formé en 2017 une multitude de femmes d’une organisation de la place dans le cirage.

Métier et jeunesse burkinabè

De l’avis de Norbet Bangré, il a souligné que 70% de la population au Burkina Faso est jeune. Et que si l’on parvient à trouver des solutions idoines pour les occuper, affirme-t-il, « ils seront prêts à toute tentation ». Dans sa vision, il espère que chaque individu puisse avoir quelque chose à faire.

À la jeunesse, il les invite à se départir de toute complexité et de ne pas trier les métiers et surtout ne pas se fixer de limite quant au niveau d’étude. Car, la jeunesse n’est plus à éduquer mais plutôt à être conscientiser.

Didier Agapet Somda